Projet Blodium: entre l'ombre et la flamme.
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L’objectif de cet article n’est pas seulement de montrer des armes forgées. Il s’agit de raconter comment un univers imaginaire prend vie dans le métal, le feu et la matière.
Dans l’univers de Blodium, les armes portent une mémoire.
L'auteur:
W. H. Lornell développe avec Blodium une saga où la science-fiction, la fantasy, l’aventure, le combat et la réflexion se rejoignent dans un univers singulier. Son travail mêle ambition narrative, sens du rythme et goût pour les concepts forts.
À travers ses romans, ses visuels et les formats complémentaires qui prolongent l’expérience, il construit progressivement un univers cohérent, immersif et reconnaissable.
Entre feu, acier et imagination, la frontière entre fiction et réalité s’est peu à peu effacée.
Découvrez son univers sur : www.Blodium.fr
Quand les auteurs de Blodium entrent dans la forge:
Objectif: Donner vie aux lames d’Agast
Certaines histoires s’écrivent avec de l’encre. D’autres commencent dans le feu.
Depuis plusieurs semaines, les auteurs de l’univers Blodium franchissent les portes de l’atelier pour vivre une expérience particulière : forger eux-mêmes les dagues et les armes inspirées de leurs héros.
L’objectif n’est pas de reproduire de simples accessoires.
Chaque pièce créée devient une extension physique de leur univers. Une manière de faire sortir la fiction des pages du roman.
À travers ces stages d’initiation, les auteurs découvrent :
- le travail du métal,
- la chaleur de la forge,
- les gestes anciens,
- la patience nécessaire pour donner naissance à une lame.
Peu à peu, les armes d’Agast prennent forme.
Sous les marteaux apparaissent des lignes brutes, des traces de feu et des détails directement inspirés du monde de Blodium.
Chaque création raconte une partie de leur histoire.
Ce blog suivra cette aventure.
Vous y découvrirez :
- les coulisses des stages,
- les auteurs au travail,
- les armes terminées,
- les inspirations tirées des romans,
- l’évolution de l’univers Blodium à travers la forge.
Parce que parfois, les mondes imaginaires méritent d’exister dans la matière.
Journal de Forge – Jour 1
Du papier à l'acier : les premières étincelles d'Agast
Il existe un moment particulier où l'imaginaire cesse d'être une simple idée. Un instant où le crayon laisse place au marteau, où le papier rencontre l'acier.
C'est ainsi qu'a commencé cette première journée de forge avec les auteurs de Blodium.
Avant d'allumer le foyer, chacun s'est installé autour de la table d'atelier. Les discussions ont porté sur les personnages, leurs histoires, leur manière de combattre et la symbolique de leur arme. À partir de ces échanges, chaque auteur a réalisé l'épure de la dague de son héros. Plus qu'un simple dessin, cette esquisse allait devenir le fil conducteur de tout le travail à venir.

Une fois les plans achevés, il était temps d'entrer dans le cœur de l'atelier.
Le charbon minéral a été mis à feu et la forge a commencé à révéler ses premières couleurs. Devant chaque participant attendait un brut d'acier 55Si7, un acier à ressort réputé pour sa résilience et particulièrement adapté à la réalisation de lames.
Les premiers coups de marteau ont rapidement remplacé les hésitations. L'objectif n'était pas encore de façonner une arme parfaite, mais d'apprendre à comprendre le métal. Chauffe après chauffe, les auteurs ont découvert que la forge ne consiste pas à enlever de la matière, mais à la déplacer. Chaque frappe allonge, affine, étire ou épaissit l'acier jusqu'à le rapprocher progressivement du dessin réalisé quelques heures plus tôt.


Peu à peu, les silhouettes des futures dagues d'Agast sont apparues.
Les contours restent encore bruts, les surfaces portent les marques du marteau et beaucoup de travail attend encore ces lames. Pourtant, l'essentiel est déjà là : chacune possède désormais sa personnalité, née autant de l'imagination de son créateur que de ses premiers gestes de forgeron.

Pour conclure cette première journée, les lames ont ensuite reçu leurs deux premiers traitements thermiques : la normalisation, afin d'homogénéiser la structure de l'acier après les déformations de forge, puis le recuit de détente, pour soulager les tensions internes accumulées dans la matière. Ces étapes, moins spectaculaires que les coups de marteau, sont pourtant essentielles. Elles préparent l'acier à la suite du travail et assurent à chaque pièce une meilleure stabilité pour les opérations à venir.
Cette première journée marque le début d'une aventure singulière. Les auteurs de Blodium ne se contentent plus d'écrire les armes de leurs héros ; ils commencent à les faire naître de leurs propres mains.
Dans le prochain épisode, les lames poursuivront leur transformation. Le dessin laissera définitivement place à l'acier, et les dagues se rapprocheront un peu plus de celles qui accompagneront Agast dans son univers.
Entre deux journées de forge
Quand l'atelier prend le relais
Lorsque les portes de la forge se referment après cette première journée, le travail est loin d'être terminé.
Les auteurs repartent avec le souvenir de leurs premiers coups de marteau, mais à l'atelier, les lames continuent leur chemin.
À partir des ébauches qu'ils ont forgées, je reprends chaque pièce une à une. Les contours sont progressivement mis à nu afin de retrouver avec précision les lignes dessinées lors de la réalisation des épures. Ce travail demande patience et précision : il s'agit de respecter au plus près l'intention de chaque auteur tout en préparant la lame aux étapes suivantes.
J'ajuste ensuite les soies, cette partie invisible de la lame qui viendra s'insérer dans le manche. Bien qu'elle disparaisse une fois l'arme assemblée, elle en constitue la colonne vertébrale. Son équilibre et ses dimensions conditionnent la solidité de l'ensemble.
Enfin vient la préparation des gardes. Chaque garde est façonnée pour s'accorder au caractère de la dague et à l'univers de son héros. C'est un travail discret, mais essentiel, qui permettra aux auteurs de poursuivre eux-mêmes l'assemblage lors de la prochaine session.
Cette étape d'atelier n'enlève rien à leur création ; elle la prépare. Comme dans l'écriture d'un roman, certaines phases demandent un accompagnement technique afin que chacun puisse se concentrer sur ce qui fait la singularité de son œuvre.


Lorsque les auteurs reviendront à la forge, ils retrouveront leurs lames prêtes à franchir une nouvelle étape. Les formes seront plus affirmées, les ajustements réalisés, et il sera temps de donner davantage de personnalité à chaque dague.
Peu à peu, les armes imaginées dans les pages de Blodium quittent le domaine de la fiction pour prendre place dans le monde réel, façonnées par les mains de leurs créateurs et par le savoir-faire de la forge.
Journal de Forge – Jour 2
De l'ébauche à la lame
Lorsque les auteurs de Blodium reviennent à l'atelier, les lames ont déjà franchi une nouvelle étape.
Entre ces deux journées, les contours ont été repris avec précision afin de retrouver fidèlement les épures réalisées lors de notre première rencontre. Les soies ont été mises en forme et les gardes préparées pour permettre à chacun de poursuivre son travail dans les meilleures conditions.
Il est maintenant temps de révéler le véritable profil des dagues.
La journée débute par la réalisation des émoutures. À l'aide de la bande abrasive, chacun façonne progressivement les flancs de sa lame. Un premier passage au grain 80 permet de dégrossir les volumes, avant un affinage au grain 120. Les gestes deviennent plus précis, les regards plus attentifs. Peu à peu, les lignes imaginées sur le papier prennent définitivement corps dans l'acier.
Les auteurs retrouvent ensuite les soies de leurs dagues. J'avais volontairement laissé les derniers ajustements à réaliser à la lime. Un travail minutieux qui demande de la patience, de l'observation et de la précision. C'est souvent à ce moment que l'on comprend qu'en forge, quelques dixièmes de millimètre peuvent faire toute la différence. Chaque ajustage participe à la qualité finale de la pièce.
Vient alors l'étape que tous attendent : le traitement thermique.
Après avoir porté les lames à la bonne température, chacune est plongée dans son bain de trempe. En quelques secondes, l'acier change de nature. Ce moment spectaculaire marque la naissance de la véritable lame. Mais la trempe seule rendrait l'acier trop fragile ; elle est immédiatement suivie d'un revenu, qui redonne à la matière une partie de sa souplesse tout en conservant sa dureté.


Une fois les lames revenues à température ambiante, le travail reprend. Les traces laissées par les traitements thermiques disparaissent progressivement sous les bandes abrasives. Les auteurs poursuivent leurs émoutures jusqu'au grain 400, révélant des surfaces toujours plus régulières et des lignes de plus en plus nettes.
La journée s'achève par le polissage des lames. Les reflets remplacent peu à peu les marques du travail brut, et chacun découvre avec émotion l'arme qu'il imaginait encore quelques semaines auparavant sur une simple feuille de papier.


Les dagues d'Agast ne sont pas encore totalement achevées. Les manches, les gardes et les finitions leur donneront bientôt toute leur identité. Mais, à cet instant, les auteurs tiennent déjà entre leurs mains bien plus qu'une lame : ils contemplent une partie de leur univers devenue réalité.
Dans le prochain chapitre, le métal laissera progressivement la place au bois, aux ajustages fins et aux derniers détails qui feront de chaque dague une pièce unique, fidèle à l'esprit de Blodium.
Journal de Forge – Jour 3
Le bois donne une âme à l'acier
Après deux journées consacrées à façonner la lame, vient une étape tout aussi importante : la réalisation du manche.
Si la lame est le cœur de l'arme, le manche est ce qui la relie à son porteur. C'est lui qui lui donne son équilibre, son caractère et sa personnalité.
Pour cette nouvelle journée d'immersion, les deux auteurs ont fait des choix différents, fidèles à leur vision de l'univers de Blodium.
La première dague recevra un manche en chêne. Robuste et intemporel, il sera prochainement habillé de lanières de cuir tanné végétal, qui lui apporteront une finition plus organique et un meilleur confort en main.
La seconde sera montée sur un manche en pistachier. Son veinage et ses nuances naturelles offriront à la lame une esthétique plus chaleureuse, révélant un caractère unique.
Malgré ces choix de matériaux différents, la méthode reste la même.
À partir de deux plaquettes de bois, les auteurs commencent par retirer la matière nécessaire au passage de la soie. Cette opération est réalisée à l'aide d'une défonceuse afin d'obtenir un logement parfaitement ajusté. Une fois les deux demi-coquilles préparées, vient le moment du premier assemblage à blanc. Cette étape permet de vérifier l'alignement de chaque élément et d'anticiper les derniers ajustements avant le montage définitif.
Le travail manuel reprend ensuite toute sa place.
Du grain 80 jusqu'au grain 400, les manches sont progressivement façonnés et poncés. À chaque changement d'abrasif, les formes s'affinent, les arêtes s'adoucissent et le bois révèle peu à peu toute sa beauté. Les auteurs découvrent que quelques coups de papier abrasif suffisent parfois à transformer complètement la sensation en main.
Lorsque chacun est satisfait des lignes obtenues, vient le moment du montage définitif.
Les plaquettes sont collées, puis solidement rivetées sur la soie de la lame. Les derniers ajustements sont réalisés avec minutie afin que le bois, l'acier et les rivets ne forment plus qu'un ensemble parfaitement harmonieux.
En fin de journée, les dagues ont définitivement changé d'apparence.
Elles ne sont plus de simples lames forgées ; elles deviennent de véritables objets, pensés et façonnés par leurs créateurs.
L'aventure n'est pourtant pas terminée.
Il reste encore à habiller le manche en chêne de ses lanières de cuir tanné végétal, à réaliser les deux pommeaux en acier qui viendront parfaire l'équilibre des armes, puis à apporter les dernières finitions.
Une fois ces ultimes étapes achevées, les dagues imaginées dans les pages de Blodium seront devenues des pièces bien réelles, portant à la fois la marque de leurs auteurs et celle du savoir-faire de la forge.
Le prochain chapitre sera celui des finitions, là où chaque détail vient raconter l'histoire du héros auquel la dague est destinée.
Journal de Forge – Épilogue
La fin d'une aventure… et le début d'une histoire
Chaque projet possède un dernier chapitre.
Celui-ci s'est écrit dans le calme de l'atelier, alors que les auteurs étaient repartis et que les dernières finitions m'attendaient.
Je me suis occupé du cuir, tranché, teinté, puis collé sur le manche



Pour achever les deux dagues d'Agast, il restait une ultime étape : réaliser les pommeaux. Je souhaitais conserver un véritable fil conducteur entre les deux armes, afin qu'elles partagent une identité commune tout en exprimant chacune leur personnalité.
Les deux pommeaux sont nés d'une même base : une sphère forgée à chaud.
Pour la première dague, celle au manche de chêne habillé de cuir tanné végétal, le choix s'est porté sur une sphère simplement forgée puis polie, tout en conservant par endroits les traces du marteau. Ce brut de forge fait écho aux marques volontairement préservées entre les deux émoutures de la lame. Une manière de rappeler que, malgré les finitions, cette arme est née du feu, de l'acier et du geste.
Pour la seconde dague, le travail s'est voulu plus graphique.
À partir de la même sphère forgée, des creux ont été réalisés par abrasion afin de faire apparaître, lorsque l'on observe le pommeau depuis son extrémité, une croix qui répond naturellement à la garde de l'arme. Les parties en relief conservent volontairement leur texture de forge, tandis que les surfaces creusées ont été progressivement travaillées jusqu'au poli miroir. Ce contraste entre la matière brute et les reflets de l'acier accompagne celui déjà présent sur la garde et renforce le caractère de cette pièce.


Une fois les pommeaux ajustés, il ne restait plus qu'à reprendre l'ensemble des finitions, contrôler chaque assemblage, vérifier chaque détail et préparer les dagues pour leur départ.
En les regardant une dernière fois sur l'établi, je n'ai pas seulement vu deux armes achevées.
J'ai revu les premières épures tracées autour de la table, les hésitations devant la forge, les premiers coups de marteau, les ajustages à la lime, la concentration pendant les émoutures, le silence au moment de la trempe, puis la fierté de voir apparaître, jour après jour, les dagues imaginées dans les pages de Blodium.
Un léger pincement au cœur accompagne toujours la fin d'une telle aventure.
Non pas parce que deux dagues quittent l'atelier, mais parce qu'une aventure humaine s'achève. Pendant plusieurs jours, les auteurs ont quitté leur bureau pour découvrir un autre langage : celui du feu, du métal et de la patience. Ils ont accepté de sortir de leur zone de confort, d'apprendre un métier exigeant et de donner eux-mêmes naissance aux armes de leurs héros.
Le résultat est à leur image.

Deux dagues uniques, façonnées avec leurs idées, leur imagination, leur persévérance et beaucoup de travail.
Je suis fier d'avoir pu les accompagner dans cette expérience, de leur transmettre une partie de mon métier et de voir leurs univers prendre corps dans l'acier.
Les romans continueront de faire voyager les lecteurs.
Et désormais, quelque part, les lames d'Agast existent aussi dans le monde réel.
Merci à eux pour leur confiance, leur curiosité et leur engagement.
La forge s'est tue… mais les histoires, elles, ne font que commencer.